Jésus recherche Pierre une seconde fois

Jésus rencontre Simon Pierre

  1. Deuxième Partie
  2. Luc 5 v.1- 11
  3.  ¶  Comme la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu, et qu’il se trouvait auprès du lac de Génésareth,
  4. 2  il vit au bord du lac deux petites barques, d’où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets.
  5. 3  Il monta dans l’une de ces barques, qui était à Simon, et il lui demanda de s’éloigner un peu de terre. Puis il s’assit, et de la barque il enseignait les foules.
  6. 4  Lorsqu’il eut cessé de parler, il dit à Simon : Avance en eau profonde, et jetez vos filets pour pêcher.
  7. 5  Simon lui répondit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre, mais, sur ta parole, je jetterai les filets.
  8. 6  L’ayant fait, ils prirent une grande quantité de poissons, et leurs filets se rompaient.
  9. 7  Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de venir les aider. Ils vinrent et remplirent les deux barques, au point qu’elles enfonçaient.
  10. 8  Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus et dit : Seigneur, éloigne–toi de moi parce que je suis un homme pécheur.
  11. 9  Car la frayeur l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu’ils avaient faite.
  12. 10  Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Et Jésus dit à Simon : Sois sans crainte ; désormais tu seras pêcheur d’hommes.
  13. 11  Alors ils ramenèrent les barques à terre, laissèrent tout et le suivirent

Jésus va chercher Pierre

 Si la fuite de l’homme est une constante dans son histoire relationnelle avec Dieu, il existe une autre constante, celle de l’amour et de la patience de Dieu qui constamment cherche et attend l’homme. Le «  où es-tu  » prononcé par Dieu parcourant le jardin d’Eden, se répète à nouveau par Celui qui parcours la terre pour dire son amour et prendre dans son Royaume.

Souvenez-vous : Pierre avait rencontré Jésus et celui-ci lui avait dit en le regardant profondément et avec amour : « Tu es Simon, fils de Jonas : tu seras appelé Céphas » –– ce qui se traduit : Pierre.

Mais bizarrement si l’on peut dire, car il était libre d’accepter ou de refuser, Pierre refuse cet appel, à ce moment-là. N’était-il pas prêt ?  Il est nécessaire parfois de bien laisser murir l’appel de Dieu. Ce ne sont pas forcément ceux qui démarrent au quart de tour qui sont les plus fidèles. Mais nous savons que si nous, nous sommes infidèles, Dieu est fidèle à son plan, à son appel, car il ne peut se renier lui-même.

Jésus ne va pas donc pas lâcher Pierre. Ce Pierre avec son caractère, son orgueil, mais aussi son dynamisme et sa solidité, le Seigneur le veut pour sa gloire.

Regardons le paysage : le bord du lac, la colline qui descend en pente douce jusqu’à l’eau. Des gens qui se regroupent autour de Jésus. Il y en a de plus en plus. Ceux de derrière n’entendent plus les paroles de Jésus. Car le premier rang le touche littéralement. Un peu plus loin à une centaine de mètres peut-être, on voit des filets qui sèchent, une baraque de pêcheurs, et deux ou trois  hommes qui réparent les filets. A quelques mètres deux barques sont amarrées. Pierre est bien là. Il faut noter qu’il  n’est pas près de Jésus pour l’écouter.  Ce qui aurait été un peu normal après le premier appel que Jésus lui avait adressé.

Admirons la tactique de Jésus. Pour le moment rien ne sert d’affronter Pierre en face.

Jésus va se laisser pousser par la foule jusqu’à proximité de l’endroit où, une fois encore, Pierre répare ses filets. Pierre voit bien Jésus enseigner la foule,  peut-être même entend-il le son de sa voix, mais pas question d’arrêter son travail pour aller écouter les paroles de ce prêcheur. Le cœur de Pierre est un vrai champ de bataille. « Si c’était lui, si c’était lui celui que j’attends… si c’était bien lui, l’envoyé de Dieu…. Mais quand même, au lieu de changer mon nom, il aurait pu au moins me parler, me demander comment je vivais, comment allait mon entreprise; il prend vraiment les autres pour moins que rien…Changer mon nom de Simon en celui de Céphas, comme cela sans explication ; c’est quand même un peu fort.

De son côté, Jésus, attend le moment favorable. De plus en plus pressé par la foule, s’approchant de plus en plus de l’endroit, Jésus sollicite Pierre pour qu’il vienne à son aide. « Tu ne veux pas revenir à moi, alors moi, je viens à toi ; tu ne veux pas écouter mon enseignement, tu vas être au premier rang, dans la barque ; tu ne veux pas t’associer à mon travail, je vais emprunter ta barque ; tu veux fuir…. Où veux-tu aller maintenant ? »

« Il monta dans l’une de ces barques, qui était à Simon, et il lui demanda de s’éloigner un peu de terre. Puis il s’assit, et de la barque il enseignait les foules. »

 

Pendant plusieurs heures, Pierre va écouter les paroles du Christ, de ce Messie qu’il attend, mais qu’il refuse encore. La réparation de ses filets attendront, pour le moment il boit les paroles de celui qui affirme qu’il est venu pour prononcer la délivrance des captifs ; la guérison des aveugles et pour annoncer l’année de grâce du Seigneur. La foule est conquise.

Mais soudainement, alors qu’il ne l’avait pas prévu, Jésus s’adresse à lui directement, comme pour dire, bon, il ne suffit pas d’écouter mes paroles. « Voyons ce que cela veut dire pour toi, dans ta vie. ». C’est la tempête qui se lève. Sur ce bateau dont il pensait être le maître, un autre vient lui donner les ordres. Pierre n’est plus maître de rien. Déstabilisé, il tente bien encore  une riposte en faisant prévaloir ses propres compétences. «  Tu ne quand même pas me dire ce qu’il faut faire, je suis pêcheur de profession, toute la nuit nous avons pêché ici sans rien prendre ».

Et tout d’un coup, il cède….La foi se met en marche.  Les circonstances sont défavorables, le charpentier ne s’y connaît rien en matière de pêche, mais sur ta Parole, je jetterai le filet. J’abandonne toute résistance en me basant non pas sur les circonstances que je vois, mais sur ta parole. Pierre, rejoint par le Seigneur sur son propre terrain, lâche tout. Comme son ancêtre Jonas, Pierre est rejoint par Dieu sur son bateau ; mais lui ne sera pas englouti, parce qu’il a avec lui le Sauveur, le Messie, celui qui fait grâce.

Je parle de Jonas, parce que son histoire montre bien le cheminement que doit suivre tout être humain pour rencontrer Dieu. Ainsi en est-il pour Pierre, ainsi en est-il pour nous. Dès lors que nous lui laissons enfin les rênes de notre existence, nous passons par une mort, mort à notre orgueil, mort à nos revendications et prétentions, mort à nos sécurités individuelles. Il devient le Maître. Oserons-nous dire ce matin. Sur ta Parole je vais faire ce qui est impensable à mes yeux humains, ce qui est inenvisageable dans ma logique. Je me donne à toi. Seigneur.

De la mort, alors surgit la vie, de l’abîme survient le poisson  l’Ichtus ( Jésus-Christ, Fils du Dieu Sauveur)  qui récupère Jonas, de la mer vide jaillit les poissons en si grand nombre que Pierre va être comblé aussi au plan matériel et financier.

Saisi par la vie, c’est l’effondrement, Jonas, Pierre, vous, moi.  On pourrait imaginer Pierre revenant à la rive plein de fierté après avoir victorieusement remporté l’épreuve de la foi. Seulement Pierre se rend bien compte que dans l’épreuve de la foi, ce n’est pas lui qui est vainqueur, mais c’est Jésus qui est fidèle à sa Parole. Pierre effondré au fond de son bateau découvre qu’il a en face de lui, non pas l’homme de Nazareth, non pas le prophète, mais le Seigneur. Et cette lumière si forte surgissant de l’action miraculeuse de Jésus a pour conséquence la reconnaissance par Pierre de son indignité, de son éloignement, de l’horreur de sa prétention, de la folie de ses résistances. Brisé devant le Seigneur, il prend soudain conscience qu’il ne peut pas supporter la présence de Jésus, mais surtout, il prend conscience que Jésus  doit trouver la sienne intolérable. Notons qu’il ne s’agit pas ici du résultat d’une prédication rigoureuse de la loi qui culpabilise Pierre, mais bien plutôt de l’éclatant effet de l’amour de Celui qui n’a jamais cessé de le chercher.

L’Evangile pousse l’homme à reconnaître son état de faiblesse et alors, nous découvrons cet Evangile comme la volonté de Jésus de demeurer près de nous et de s’attacher à nous malgré notre indignité. Que l’homme comblé supplie Jésus de s’éloigner et que le Saint prenne cependant à son service l’homme pécheur pour en faire un pêcheur d’hommes, tel est le véritable miracle de ce récit. C’est là que se passe le second appel, décisif celui-ci de Jésus envers Pierre. Mais il y e aura encore d’autres, nous le verrons ensemble

Conclusions

Cette histoire de Pierre, je pense qu’elle est la mienne, qu’elle peut être la vôtre.

Dieu cherche l’homme depuis toujours. C’est même le fondement théologique de notre foi.

Dieu te cherche non pas pour te punir, mais pour te mettre debout et te faire pêcheur d’hommes. Pêcheur d’hommes, c’est être de ceux qui permettent les retours, les réconciliations, les relèvements. Chaque être chrétien est appelé à assumer cette fonction. Relever le plus grand nombre d’humains par la parole du Christ vivant.

Ce ministère n’est pas réservé au pasteur. Toi aussi tu as reçu cette mission.

Enfin, Pierre écrira des paroles qui pourraient servir de paroles d’envoi pour ce message.

Tu es appelé à ton tour à devenir Pierre. Une peirre vivante, une pierre sur laquelle  Dieu peut construire ?

« Approchez–vous de lui, pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu, 5  et vous–mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez–vous pour former une maison spirituelle, un saint sacerdoce, en vue d’offrir des victimes spirituelles, agréables à Dieu par Jésus–Christ ». 1 Pierre 2 v.10