Pierre refuse l’appel de Jésus

  1. Jésus rencontre Simon Pierre
  2. Jean 1 v. 32-42

Introduction 

La beauté extraordinaire du lac lors des couchers de soleil, avait fortement incrusté en son cœur, la réalité du Dieu Créateur.

Les coups de vent et les tempêtes aussi brusques que terribles, lui avaient bien fait comprendre qu’il ne maîtriserait jamais tout dans sa vie. Et peut-être à cause de cela, il avait décidé de se battre, d’aller de l’avant. Il voulait se débrouiller seul,  ne pas dépendre des autres ; alors, grâce à son travail et à se ses économies, dès qu’il avait pu, il avait créé sa propre entreprise. Son frère l’avait suivi et rapidement, il avait fallu embaucher deux autres ouvriers.

Le contexte socio politique n’était pas des plus paisibles. Le pays avait été envahi par des troupes étrangères. Des nouvelles lois se mettaient en place et surtout des impôts qu’il fallait régler et que quelques collaborateurs se chargeaient d’encaisser avec un zèle des plus révoltants. Des groupes de résistants essayaient d’appeler le peuple au soulèvement et tentaient, occasionnellement des coups de force. Mais régulièrement ces agitations se terminaient dans un bain de sang. L’envahisseur était cruel et sans mesure quand son pouvoir semblait contesté.

Alors, il attendait. Il se battait pour vivre ; mais dans son cœur, tout au fond, il y avait un germe d’espérance, un petit espace qui lui permettait de rêver à ce jour où le loup habitera avec l’agneau et au moment où Celui que les Anciens appellent le Prince de la paix viendra instaurer son royaume. Son père lui avait parlé abondamment de ce qui constituait la base même de leur tradition et de leur culture. Il lui avait même indiqué que Dieu pouvait intervenir dans la vie des hommes et les appeler pour des missions particulières.

Son père, lui-même, portait le nom de l’un de ces hommes qui avaient d’abord résisté à l’appel de Dieu et que Dieu avait contraint, après des épreuves des plus délicates, notamment un séjour dans le ventre d’un poisson, à obéir. C’était peut-être pour cela que depuis, dans cette famille on portait le nom de Jonas et qu’on pêchait le poisson pour vivre. Jonas qui signifie colombe. La colombe, celle qui est appelée à transmettre un message de la part de Dieu. Message de paix et d’alliance pour celui qui écoute et entend, message de jugement pour celui qui endurcit son cœur et poursuit son chemin sans Dieu.

Cette référence à Jonas est intéressante, car notre homme va reproduire dans sa vie, des attitudes et des comportements similaires. Nous le verrons plus loin.  Cela n’est guère surprenant, nous découvrons aujourd’hui que nous héritons de nos pères,  non seulement un patrimoine génétique qui concerne notre existence physique, mais également un patrimoine psychologique et spirituel. Nous reproduisons souvent les attitudes, les blocages, les déviances que nos parents ont connus.

Seul, devant le matériel qu’il réparait et préparait pour la prochaine sortie de travail, il repassait toutes ces choses dans sa tête. Son frère avait pris sa journée, ce n’était pas encore le temps de  la RTT, mais quand on est artisan, on peut gérer plus facilement son emploi du temps. Il était parti écouté un drôle de bonhomme qui depuis quelques mois attirait les foules dans le lieu désert où il donnait des conférences.

Refusant la société de consommation ; il se nourrissait simplement. Dénonçant la corruption et la coalition d’intérêts, il interpellait les politiques. Il défendait les pauvres en demandant à ceux qui étaient un peu plus aisé de partager leur bien ; ils montraient du doigt les croyants qui parle beaucoup de Dieu, mais qui reste avec un cœur aussi dur que la pierre. Surtout, cet homme mi écolo, mi prophète indiquait que seul l’ouverture du cœur de l’homme à la présence de l’Esprit de Dieu, que ce seul ce changement radical pouvait changer le monde.

André, c’était le nom du frère, était parti avec Jean, le plus jeune des ouvriers de l’entreprise. Simon, ah oui, je ne vous avais pas encore dit son nom, avait embauché ce jeune homme comme apprenti. Cela faisait plus de 24 heures maintenant qu’ils avaient quitté Betsaïda pour se rendre dans le désert, près du Jourdain pour voir et entendre Jean-Baptiste. Simon, lui, n’avait pas voulu y aller. Il se méfiait des orateurs, de ceux qui annonçaient une ère nouvelle et qui finissaient crucifiés par les Romains comme ce fut le cas encore récemment d’un certain Judas.  Il était quelque part en contradiction avec ce qu’il portait au fond de son cœur, mais il voulait d’abord être sûr, voir ce qui allait se passer, rien ne pressait. Pour le moment ce qui comptait le plus était de développer son entreprise, assurer son salaire et demeurer tranquille.

André vient chercher Simon

Soudain, deux hommes le rejoignent en courant et en criant. C’est André et Jean qui, tout excité, lui disent : «  Nous avons trouvé le Messie ». Il est là, ça y est. Devant la moue de réticence de Simon, ils expliquent alors qu’il ne s’agit pas de Jean-Baptiste, pas du tout, mais d’un autre. Lorsqu’il a été baptisé, une nuée est descendue sur lui. Ils ont entendu alors un grand bruit, comme une voix, mais ils n’ont pas bien compris ce qui se disait. Jean-Baptiste leur a dit ensuite qu’il avait la certitude que c’était bien le Christ, car lui, il avait vu au sein de cette nuée, le St-Esprit descendre comme une colombe et se poser sur lui. Et tout en lui expliquant qu’ils venaient de passer pratiquement toute la journée avec lui, Jean et André invitent fortement Simon à les suivre pour le voir ; En réalité, ils n’habitent qu’ à quelques kilomètres, du côté de Capharnaüm.

Après beaucoup d’hésitation, prétextant qu’il n’avait pas achevé son travail, Simon accepte  de  les suivre. En arrivant vers Jésus, Simon est impressionné par le personnage ; surtout par son regard d’où jaillit une paix et en même temps une autorité déconcertantes. Ils n’étaient pas les seuls dans cet endroit, mais André sans hésitation le tire jusqu’à Jésus. Simon aurait bien voulu fuir, mais, soudain, ce regard de Jésus le pénètre de haut en bas, comme si tout d’un coup il était complètement transparent, comme s’il voyait tout, ce qu’il avait vécu auparavant et ce qu’il deviendrait par la suite. Simon est comme paralysé.

La rencontre ne durera pas longtemps. Jésus ne lui dira qu’une seule parole qui tout à la fois le bouleverse, le questionne et finalement le remplit de scepticisme : «  tu es Simon, tu es de la famille de Jonas, tu seras Céphas » C’est tout. En clair Jésus lui disait : «  Je sais qui tu es, je sais d’où tu viens, je sais ce que tu vas devenir »

Avant de poursuivre, j’aimerai juste revenir à nous. Car ce matin, cette parole, Jésus nous la dit à chacun : «  Je sais qui tu es, je sais d’où tu viens, je sais ce que tu vas devenir ». Je sais qui tu es, ce que tu vis actuellement, je sais aussi tout ce que tu portes, ta culture, ton passé, ta famille, tes souffrances, tes doutes, tes peurs;

Seul Dieu peut dire je sais qui tu es.  Aucun être humain ne peut jamais dire cela sur vous. Dire « je sais qui tu es », c’est prendre le pouvoir. L’autre ne nous appartient jamais. Seul Dieu peut le dire parce qu’Il est totalement Amour. S’il te dit ce matin : je sais qui tu es », ce n’est pas pour t’enfoncer, mais pour t’annoncer le salut, pour t’annoncer qu’il te veut debout.

Jésus dit : « tu es Simon, mais  surtout je vois ce que tu vas devenir quand tu auras répondu entièrement à l’appel que je t’adresse aujourd’hui.

Etre cette pierre sur laquelle je pourrai construire, ta famille, mon Eglise, mon Royaume. Etre une pierre, être enfin quelqu’un de solide, d’adulte, sur lequel je pourrai construire…… Pour cela, tu le comprends bien, j’ai besoin de toute ta vie, j’ai besoin que tu me laisses faire……

  1. Pierre fait la tête

Pierre l’a bien compris et cela ne lui plait pas. Se laisser diriger par un autre, n’est pas dans sa nature. Il a bien compris que cet homme, Jésus, que son frère reconnaissait comme l’envoyé de Dieu, lui demandait une entière disponibilité, voulait l’utiliser pour établir son Royaume, pour transmettre aux hommes le message de Dieu. C’est trop….Changer sa vie, changer de nom, le transformer, pour qui se prend il ?  Et voilà que lui,  Simon, fils de Jonas va dire non.

Plutôt que de rester avec Jésus, il va se dépêcher de rentrer à la maison. Pas question de suivre ce Nazaréen. Il fuit, il retourne à son travail, à ses sécurités. Il vaut mieux se consacrer à son travail plutôt que de suivre quelqu’un qui ne vous propose rien de concret, sinon de changer votre vie. Simon,  Céphas, Simon cailloux.

Une note pour nous qui suivons cette histoire : il est intéressant de souligner que Jésus, quand il appelle quelqu’un pour son service, ne lui fait pas miroiter d’abord tout un programme politique, d’actions, de bénédictions, de miracles, de guérison. Il dit simplement : suis-moi, fais-moi confiance. Il vient tendre la main, il vient appeler, il touche le cœur, l’esprit de l’homme et demande la confiance. Pierre pour le moment préfère laisser sa raison le tenir éloigné de cette proposition de relation. C’est peut-être la première fuite de Pierre, mais pas la dernière. Plus tard face aux questions lui reprochant d’être disciple du Christ, ou face aux regards accusateurs de ses collègues disciples, il préféra encor fuir et retourner à la pêche. Il est bien le descendant de Jonas qui a préféré fuir, plutôt que d’aller annoncer la parole de Dieu à Ninive.

Mais ne sommes-nous pas souvent également des Simon, des Jonas. Fuir, parce que le chemin est trop dur, fuir

  1.  Fils ou fille de Jonas, pourquoi fuis-tu constamment ?
  2.  Vous allez me dire : pasteur comment savez-vous que Pierre n’a pas accepté ?
  3. Je vous le dirai la prochaine fois. Mais vous pourrez lire la suite dans l’Evangile de Luc chapitre 5

Le texte biblique en guise de conclusion

  1.  Jean 1 v.2-42
  2. Jean rendit ce témoignage : J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui ; 33  et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau m’a dit : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise d’Esprit Saint. 34  Et moi, j’ai vu et j’ai rendu témoignage que c’est lui le Fils de Dieu. 35  Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples ; 36  il regarda Jésus qui passait et dit : Voici l’Agneau de Dieu. 37 ¶  Les deux disciples entendirent ces paroles et suivirent Jésus.
  3. 38  Jésus se retourna, vit qu’ils le suivaient et leur dit : Que cherchez–vous ? Ils lui dirent : Rabbi –– ce qui se traduit : Maître –– où demeures–tu ? 39  Il leur dit : Venez et vous verrez. Il allèrent et virent où il demeurait ; ils demeurèrent auprès de lui ce jour–là. C’était environ la dixième heure.

40  André, frère de Simon Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus.

41  Il trouva d’abord son propre frère Simon et lui dit : Nous avons trouvé le Messie –– ce qui se traduit : Christ.

42  Il le conduisit vers Jésus. Jésus le regarda et dit : Tu es Simon, fils de Jonas : tu seras appelé Céphas –– ce qui se traduit : Pierre.